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Échange multidirectionnel de connaissances en provenance et à propos de l’Afrique : à la découverte de la base de prépublications AfricArXiv

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« La recherche académique et les connaissances en provenance et à propos de l’Afrique devraient être librement accessibles à tous ceux qui désirent y accéder, les utiliser ou les réutiliser, tout en étant protégées de tout usage abusif ou inapproprié. » 

Le présent article est le premier de la série intitulée « Dix principes africains pour l’accès libre à la communication scientifique » créée par des individus qui œuvrent en faveur d’un infrastructure scientifique moderne et ouverte et imaginent des perspectives de recherche en Afrique dans quelques années. 

L’accès libre est probablement le sujet le plus débattu dans le cadre de la Science ouverte, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle mondiale. La vision et la mission de la Science ouverte consistent à exhorter les chercheurs à adopter de bonnes pratiques scientifiques à l’ère numérique. Aujourd’hui, la pratique scientifique effective à l’échelle mondiale est essentiellement entravée par le déséquilibre causé par les maisons d’édition à vocation commerciale. Elles exigent des sommes exorbitantes comme frais de soumission d’articles, de traitement et, plus tard, d’accès post-publication aux articles évalués par des pairs. 

En droite ligne du mouvement mondial des Fridays for Future et des ODD il est également clair que l’accès libre aux résultats des dernières recherches nous permettra d’avancer dans l’atténuation du changement climatique, la réduction des conflits et de la pauvreté dans le monde et la restauration des écosystèmes.

Un biais semble persister sur la contribution des chercheurs africains à la production scientifique mondiale, du fait du manque de visibilité des contenus produits sur et concernant le continent. Même s’il existe de nombreuses plateformes dédiées aux publications et revues scientifiques, les chercheurs africains demeurent méconnus ou pas assez visibles. La Science ouverte est un moyen prometteur de réduire voir d’éliminer ce biais à long terme. 

L’inclusion active des voix académiques de diverses régions du monde est essentielle pour bâtir une infrastructure mondiale. Elle promeut des pratiques de Science ouverte favorables à un discours scientifique équilibré au-delà des régions du globe, des barrières linguistiques et des disciplines. Cela est également valable à l’échelle régionale en Afrique, où il faut rallier francophones et anglophones, renforcer la communication scientifique avec le public, informer de façon stratégique les décideurs des récents résultats scientifiques et plus encore. Les principales composantes académiques, notamment les ministères nationaux de l’éducation, les initiatives populaires en faveur de l’accès libre et des données libres, sont essentielles pour conduire ce processus. La Plateforme africaine pour la Science ouverte vient de finaliser un projet pilote de 3 ans qui met en exergue l’urgence d’investir dans les infrastructures académiques africaines en renforçant la connectivité Internet et l’alimentation électrique pour assurer la gestion des données libres et leur hébergement sur le continent (lien vers le rapport). L’organisation basée à Nairobi dénommée Code for Africa propose une plateforme de collecte de données libres permettant à toutes les parties prenantes de la société de tirer parti des ensembles de données et d’apprendre de leurs résultats.

AfricArxiv

La Science ouverte révolutionne la perception, la production et la diffusion des recherches et des contenus scientifiques en Afrique. Elle contribue à autonomiser les activités scientifiques menées par des citoyens. Ainsi, plusieurs ressortissants africains ordinaires, pas forcément hautement qualifiés, sont dotés de ressources leur permettant d’exploiter les données ouvertes. Ils réussissent ainsi à améliorer la qualité de vie et le bien-être de leurs sociétés et communautés dans divers domaines tels que la gestion de la qualité de l’air et du trafic routier. En guise d’exemples, on peut citer les activités du Global Lab Network au Ghana, de Vilsquare au Nigéria, de Pollicy en Ouganda et du réseau panafricain de matériel de science ouverte AfricaOSH. La collecte écologique de données sur la protection des espèces animales et la restauration des écosystèmes est un autre domaine d’intérêt des approches scientifiques citoyennes sur le continent. 

Au cours des 3 dernières années, plusieurs services et plateformes ont été mis au point pour assurer plus de visibilité et une meilleure contribution des scientifiques africains à l’échelle mondiale. On peut citer des bases de prépublications africaines comme DICAMES disponible en français et la solution multilingue AfricArxiv, des revues libres d’accès dédiées à la recherche africaine telles que AAS Open Research et diverses autres initiatives de libre accès. De nos jours, il est possible de retrouver en ligne des articles scientifiques sur BASE Search, Open Knowledge Maps et Google Scholar. La Science ouverte offre davantage d’opportunités (peu coûteuses) aux chercheurs africains de collaborer avec des collègues du continent et dans d’autres régions du globe. De plus en plus de bibliothèques universitaires à travers le continent installent des répertoires DSpace pour diffuser le fruit de leurs travaux. Vous pouvez consulter un aperçu par pays à l’adresse https://www.internationalafricaninstitute.org/repositories

Grâce à AfricArxiv, nous hébergeons principalement des prépublications et d’autres formats de résultats de recherche, de préférence ceux des scientifiques africains, mais d’autres scientifiques peuvent aussi y publier sur des sujets non liés à l’Afrique. En plus de garantir une meilleure visibilité aux travaux de recherche produits en Afrique, nous visons plusieurs autres objectifs. Il s’agit notamment de promouvoir l’usage des langues locales africaines dans la science, de rapprocher des recherches anglophones et francophones, de populariser le concept de publication en accès libre sur le continent. Il convient aussi de souligner la pertinence des savoirs autochtones et traditionnels dans la recherche, tout en protégeant la propriété intellectuelle collective des peuples autochtones. 

À ce jour, nous comptons plus de 60 soumissions acceptées et avons récemment lancé notre carte interactive qui affiche le pays du continent où l’étude a été menée, ainsi que les auteurs et les institutions impliquées. Pour assurer la durabilité financière de la plateforme AfricArXiv, nous recherchons des partenaires financiers et souhaitons que notre base de données soit hébergée par une institution de recherche ou une université africaine. 

Lisez et signez le manifeste des 10 principes africains pour l’accès libre à la communication scientifique :  https://info.africarxiv.org/fr/principes-africains-pour-le-libre-acces-dans-la-communication-savante/


Les auteurs de cet article font partie de l’équipe AfricArXiv :
Justin Sègbédji Ahinon, Obasegun Ayodele, Luke Okelo, Joy Owango et Jo Havemann

AfricArxiv est une solution d’archivage numérique gratuite, libre et communautaire conçue pour la recherche en Afrique. Nous proposons aux scientifiques africains une plateforme à but non lucratif leur permettant de publier leurs documents de travail, prépublications, manuscrits acceptés (postpublications) et articles publiés. Nous proposons aussi des options de redirection et de codage de données, ainsi que la gestion des versions d’articles. AfricArxiv est une solution destinée à renforcer et ouvrir la recherche et la collaboration entre scientifiques africains, afin qu’ils co-conçoivent l’avenir de la communication scientifique.



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