Secrétariat de Mwanga wa Elimu
L’Afrique ne manque pas de solutions EdTech brillantes. Ce qui lui a fait défaut pendant des décennies, c’est l’infrastructure nécessaire pour les déployer à grande échelle.
Quatre obstacles structurels ont systématiquement freiné les progrès sur l’ensemble du continent. Tout d’abord, la fragmentation des politiques, empêchant le déploiement transfrontalier et créant une dépendance vis-à-vis des fournisseurs. Ensuite, la fragmentation technologique rend la localisation et l’alignement des programmes scolaires d’un coût prohibitif pour un développeur isolé. Par ailleurs, l’absence de données partagées et comparables empêche les gouvernements et les bailleurs de fonds d’identifier ce qui fonctionne réellement. Et en raison du piège économique, même les développeurs les plus solides restent perpétuellement en mode pilote, innovant sans cesse, se développant rarement à grande échelle et n’atteignant presque jamais la viabilité. Ainsi, ces obstacles existent parce qu’ils résultent d’un échec de coordination, et les échecs de coordination nécessitent des réponses au niveau du système.
Le document « African EdTech 2030 : Vision and Plan » de l’AUDA-NEPAD apporte cette réponse. Il préconise la mise en place d’une infrastructure publique numérique pour l’éducation (DPI-Ed) unifiée à l’échelle du continent : ouverte, interopérable et gérée dans l’intérêt public africain. L’architecture est conçue pour lever simultanément ces quatre obstacles, car en lever un seul isolément laisse les autres intacts. Déjà approuvée par l’Union africaine, cette Vision n’est pas un simple document conceptuel. Il s’agit d’un cadre opérationnel, et le système qu’elle propose existe déjà au niveau de la conception. Il ne reste donc plus qu’à le mettre en place.
Mwanga wa Elimu a été créé pour mener à bien cet effort. Le nom du mouvement reflète son objectif : éclairer l’éducation en Afrique. Créé en 2025 en parfaite adéquation avec la Vision AUDA-NEPAD, il rassemble des décideurs politiques, des investisseurs, des développeurs, des chercheurs et des éducateurs engagés en faveur d’un écosystème EdTech unique et unifié. Avec 200 millions d’apprenants sur le continent, le coût d’une fragmentation persistante se mesure en enfants privés d’accès à un apprentissage numérique de qualité, et en développeurs talentueux qui créent des solutions efficaces mais ne parviennent pas à les leur faire parvenir.
Lors du salon eLearning Africa qui se tiendra à Accra en juin prochain, Mwanga wa Elimu organisera son premier atelier physique. Il s’agit d’un rassemblement avec un objectif concret : traduire un diagnostic commun en un engagement collectif, et réunir l’ensemble des acteurs nécessaires à la construction de l’avenir de l’EdTech en Afrique.
L’appel s’adressera spécifiquement à chaque groupe présent. Il est demandé aux décideurs politiques et aux dirigeants du secteur public d’adopter officiellement la Vision et le Plan EdTech. Sans cela, un déploiement à l’échelle du continent reste structurellement impossible.
Il est également demandé aux investisseurs et aux bailleurs de fonds d’orienter leurs capitaux de manière ciblée, en dirigeant les ressources vers des solutions conçues pour l’interopérabilité et destinées à s’autofinancer au-delà du cycle de vie du projet. Le financement de l’infrastructure DPI-Ed et des modèles économiques qui la rendent viable permet de faire passer le capital du financement d’expériences au financement à grande échelle.
Les développeurs sont invités à créer avec un objectif précis. Les applications interopérables, fonctionnant hors ligne et ancrées dans les contextes locaux peuvent atteindre un marché continental. Se conformer à la norme DPI-Ed n’est pas une contrainte ; c’est la voie à suivre.
Les chercheurs apportent les preuves qui garantissent l’intégrité du système. Évaluer ce qui fonctionne dans les salles de classe africaines et traduire ces résultats en outils utilisables par les développeurs garantit que l’innovation reste pertinente et responsable. La couche de données du système Breakthrough dépend de ce travail.
Pour les éducateurs et les apprenants, la demande est la plus fondamentale : adopter, utiliser et donner un retour d’expérience. C’est en classe que la vision se concrétise ou reste une simple idée. Les capacités numériques développées au niveau de l’école sont ce qui comble le fossé entre l’infrastructure et l’impact.
Le système qui sous-tend l’action de Mwanga wa Elimu est conçu pour s’auto alimenter. Les politiques ouvrent un marché prévisible. La technologie permet de diffuser l’apprentissage à grande échelle. L’utilisation génère des données structurées. Les données renforcent la confiance. La confiance attire les investissements. Les investissements financent un contenu de meilleure qualité et une diffusion plus large. Chaque élément renforce les autres. Mais il faut que la roue commence à tourner, et cela nécessite un engagement coordonné qu’eLearning Africa est en mesure de catalyser.
Mwanga wa Elimu compte déjà des représentants de plus de 20 pays africains. La coalition s’agrandit car le diagnostic est partagé et la voie à suivre est claire.
Le mouvement est en marche. eLearning Africa 2026 est le moment idéal pour officialiser votre engagement. Rejoignez Mwanga wa Elimu lors de l’atelier à Accra le mercredi 3 juin 2026 (14h30 – 16h30) et participez à la construction du système EdTech que méritent les apprenants africains.
Rendez-vous sur mwangawaelimu.org pour en savoir plus.













