Tendances

Une nourriture intellectuelle avec la campagne Freerice

Lundi 6 février, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une campagne dans les médias sociaux autour du thème de « 6 degrés de Freerice » pour réduire la faim dans le monde.

Par Prue Goredema

Avec plus d’un million d’utilisateurs enregistrés dans le monde, Freerice est un site Internet sans but lucratif, sur lequel les connaissances générales des joueurs sont mises à profit à des fins philanthropiques. Chaque fois qu’un joueur répond correctement à une question, Freerice fait don de dix grains de riz en faveur des affamés. Les joueurs, jeunes ou moins jeunes, sont dès à présent invités à recruter six personnes chacun, afin de créer un effet « boule de neige » permettant qu’un prix soit remis au créateur du plus grand groupe le 11 février – pour le plus grand soulagement de ceux qui ont faim. Tandis que 3 000 participants du Freerice s’étaient engagés à soutenir cette action avant le début de la semaine des « 6 degrés de Freerice », 135 groupes s’étaient constitués en ligne dès le premier jour, à mesure que la nouvelle se répandait sur les réseaux sociaux.

Au cours d’un entretien avec eLearning Africa, Abby Ravera du Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré « Même si le Freericer moyen est généralement américain, compte tenu de l’usage très répandu d’Internet, nous avons bénéficié d’un bon soutien en Afrique. Les cinq premiers pays africains à participer à cette action sont, par ordre décroissant : Afrique du Sud, Egypte, Ile Maurice, Maroc, Kenya (avec l’Algérie juste derrière). Il est surprenant de ne pas voir le Nigéria figurer dans cette liste des cinq premiers. Mais nous avons des joueurs dans toute l’Afrique, et en particulier un joueur en Guinée-Bissau ! »

La participation africaine à Freerice reflète les modèles d’activité récemment dévoilés par Tweetminster et Portland pour le dernier trimestre de 2011. L’Afrique du Sud mène avec 5 030 226 tweets ; le Kenya 2 476 800 ; le Nigéria 1 646 212 ; l’Egypte 1 214 062 ; et le Maroc 745 620. Les réseaux sociaux sont devenus une dimension active de la sphère publique dans ces pays.

« Nous avons découvert que Facebook et Twitter sont de très bons moyens de dialoguer avec les Freericers potentiels » a expliqué Ravera. « Les réseaux sociaux ont vraiment ouvert la porte à de nouvelles façons d’aborder le changement social, de façon très créative. Toutefois, il existe un risque de « slactivisme » dans la mesure où vous demandez aux gens de « cliquer pour une cause » et où leur participation s’arrête là. Avec « 6 degrés de Freerice », nous demandons une participation active à la collecte de riz pour fournir des repas pour ceux qui en ont le plus besoin. Nous sommes enthousiasmés par ce concept. »

Depuis le lancement de ce jeu, en 2007, les joueurs qui ont répondu correctement aux questions posées sur Freerice ont permis de collecter plus de 100 milliards de grains de riz et ainsi de nourrir environ cinq millions de personnes. Etant à la fois une cause charitable et un outil ludo-éducatif, ce jeu dispose d’une base de données de 45 000 questions disponibles dans six langues, en particulier l’anglais, le français et le chinois. Les catégories de questions sont : sciences humaines, géographie, chimie et maths ainsi que le vocabulaire anglais, français, allemand, italien et espagnol. Le joueur se voit présenter une série de questions à choix multiples de différents degrés de difficulté bien que l’on puisse, à tout moment, passer d’un sujet à l’autre et d’un niveau à l’autre. Il s’agit d’un outil d’apprentissage informel dans lequel le joueur nourrit son esprit tout en nourrissant les plus pauvres.

Et la campagne « 6 degrés de Freerice » de cette semaine qui doit permettre à davantage de gens d’accéder à l’apprentissage et de faire des dons est une campagne à laquelle participent les Africains dans la mesure où ils ont accès aux médias sociaux. Tentez votre chance et remplissez le bol de riz de ceux qui ont faim, en visitant le site Freerice.

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