Tendances

Les TIC contre l’inégalité

Bigger than the universeCette année, la journée internationale des jeunes filles dans le secteur des TIC a été marquée par la mise en place de nouveaux projets dans le monde visant à créer un environnement favorable aux jeunes filles et aux femmes, actuellement désavantagées par le fossé numérique entre les genres, et à les encourager à s’intéresser aux carrières dans le secteur des TIC. Pourquoi existe-t-il des disparités entre les sexes dans le domaine des technologies et quelles mesures ont été prises pour y remédier ? L’équipe de journalistes d’eLearning Africa a mené l’enquête.

Par Matthew Labrooy et Alasdair MacKinnon

Que ce soit à cause de stéréotypes profondément enracinés, de la discrimination ou de la détresse sociale, les femmes ne représentent traditionnellement qu’une minorité des salariés du secteur technologique, même si leur nombre augmente selon le dernier Rapport sur le développement dans le monde. Publié l’année dernière par la Banque mondiale, ce rapport avait identifié deux axes essentiels dans lesquels la croissance des secteurs des TIC pourrait favoriser l’autonomisation des femmes : tout d’abord, avec la création de nouveaux emplois et d’opportunités économiques, puis, en permettant à « davantage de femmes du monde entier d’accéder aux marchés en abaissant les obstacles à l’information et en réduisant les coûts de transaction associés au fonctionnement du marché ».

Les emplois liés aux TIC figurent régulièrement parmi les 20 premiers en termes de salaire, de perspectives à long terme et d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Or, dans de nombreux pays, même dotés d’une législation contre la discrimination, les jeunes filles sont souvent découragées de décrocher un emploi dans ce secteur. À l’école, on constate déjà les effets des images négatives des médias, d’une mauvaise orientation professionnelle et d’une absence de rôles féminins. En Afrique du Sud, par exemple, « où vivent des millions de jeunes chômeurs, il est important de briser les stéréotypes existants selon lesquels les carrières technologiques seraient ‘trop difficiles’ pour les jeunes filles ou ‘pas féminines’ voire même ‘ennuyeuses’ » selon l’organisatrice de l’événement South African Girls in ICT, Thuli Sebeko.

Les grandes entreprises de TIC ont entrepris de créer des initiatives afin d’encourager les femmes à choisir des carrières dans les technologies. Google, HP, Panasonic et Microsoft se sont associés pour élaborer un Code des meilleures pratiques en faveur des femmes dans le secteur des TIC portant sur des domaines tels que l’éducation, le recrutement, l’évolution de carrière et le retour à l’emploi après un congé. L’objectif de ce code est de lutter contre les préjugés existants sur les TIC qui favorisent une main-d’œuvre à prédominance masculine, de souligner l’attrait du secteur des TIC et d’encourager les étudiantes en TIC à travailler dans ce domaine.

Par ailleurs, le fait d’attirer plus de femmes vers les emplois liés aux TIC aidera non seulement à lutter contre le déséquilibre entre les genres constaté dans le secteur numérique mais aussi à autonomiser les femmes du monde entier sur tous les lieux de travail.

« Je suis persuadée que lorsqu’une femme occupe un poste dans les TIC ou lorsqu’elle saisit une opportunité généralement destinée à un homme, l’égalité des sexes se renforce et cela constitue un bon présage pour l’autonomisation des femmes, »a récemment déclaré Mariam Ba, féministe et conseillère conjugale sénégalaise, au Biztechafrica.

Les TIC offrent une solution pratique et concrète aux femmes pour surmonter les inégalités dans le monde du travail mais aussi dans leur vie personnelle. Les TIC aident les femmes à recevoir un enseignement (grâce aux MOOC, aux cours de formation en ligne ou aux logiciels pédagogiques), à obtenir un emploi (grâce à la recherche d’emploi en ligne et au télétravail), à avoir accès aux services de santé et aux informations sanitaires et à gérer leur revenu personnel (grâce aux banques et aux transactions en ligne, par exemple).

De plus, le Rapport sur le développement dans le monde 2012 a indiqué que ces avantages distincts pouvaient se capitaliser, créant des « boucles de réaction positive » : le changement engendre le changement. « Les améliorations dans un domaine (un enseignement supérieur) entraînent des changements dans d’autres domaines (comme une baisse du taux de fécondité et une hausse du taux d’activité). De même, de meilleures opportunités de travail induisent, à leur tour, davantage d’investissements dans l’éducation et la santé des femmes pour la prochaine génération, tandis que l’égalité des droits contribue au progrès sur tous les fronts ».

Si ces améliorations ne touchent pas encore toutes les femmes dans toutes les situations, il semble que les investissements dans les TIC catalyser les efforts d’égalisation dans tous les domaines de la vie des femmes.

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C’est avec fierté qu’eLearning Africa 2013 compte parmi ses intervenants plus de 60 femmes exceptionnelles qui travaillent actuellement dans les TIC en Afrique et dont la clairvoyance et les réalisations innovantes ont des répercussions considérables sur la sphère numérique.

Pour plus d’informations sur le programme eLearning Africa 2013, visitez le site http://www.elearning-africa.com/fra/programme_table.php

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