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L’entretien du mois d’Août : Florence Ducreau

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Interview réalisée par : Harold Elletson, d’ICWE

Florence Ducreau est une enseignante d’université jouissant d’une longue expérience en matière de projets européens de formation en ligne. Elle est l’un des membres fondateurs du Campus numérique CANEGE et de l’Université Numérique Thématique AUNEGE. Elle a pris part au Groupe de travail conjoint de l’Université numérique thématique sur l’intégration de ressources éducatives ouvertes (REO) dans la pratique de l’enseignement. Par ailleurs, elle a été l’une des principales contributrices au projet ERASMUS+ D-Transform sur la transformation numérique de l’enseignement supérieur.

Au cours d’un entretien, elle parle des défis relatifs à l’éducation et à la formation en Afrique, en particulier dans les pays francophones.


1. Nous souhaiterons en savons davantage sur votre expérience en matière de projets de formation en ligne et, en particulier, vos contributions au Campus numérique CANEGE, à l’Université numérique AUNEGE et au Programme Erasmus. Quels résultats avez-vous obtenus dans le cadre de ces divers programmes et projets ?

J’ai initié et participé à de nombreux projets Erasmus qui ont porté sur la formation à la pédagogie numérique des enseignants, les enjeux économiques du eLearning, l’évaluation de la qualité des enseignements et des formations en ligne, l’apprentissage des langues avec le numérique, la mobilité virtuelle… Les résultats de ces projets sont très divers : des outils numériques, des guides, des sites web, des rapports et des études.
CANEGE était un campus numérique interuniversitaire en économie et gestion proposant des formations en ligne de la première année de licence à la deuxième année de master. Ce campus avait été créé à l’initiative et avec le soutien du ministère français de l’enseignement supérieur. Ce programme a amené les établissements impliqués à co-produire et partager des ressources éducatives numériques en économie et gestion.
Les 8 Universités Numériques Thématiques ont succédé aux Campus Numériques. AUNEGE est spécialisée en économie et gestion. J’ai contribué à la création de cette UNT et en suis l’actuelle présidente. AUNEGE a pour mission d’accompagner ses adhérents à la création de ressources numériques pour l’enseignement de l’économie et de la gestion

2. En quoi votre expérience est-elle pertinente dans le contexte africain ?

Mon implication dans des projets transnationaux et multiculturels en particulier ceux mettant l’accent sur l’employabilité et les référentiels de compétences.

3. En général, comment les universités françaises et autres institutions en France et dans les pays francophones créent-elles des outils et solutions en ligne et les mettent-elles à la disposition du secteur de l’enseignement supérieur de la Francophonie ?

Tant par des approches institutionnelles descendantes, avec l’OIF et l’AUF, que par des projets de collaboration menés par des établissements d’enseignement supérieur français, souvent au sein de consortiums dirigés par des universités thématiques numériques françaises.

4. Quelles sont les perspectives de développement et les nouvelles initiatives à venir ?

Des négociations sont en cours pour déployer nos ressources et nos services sur des plates-formes nationales, en coopération avec le ministère de l’enseignement supérieur et les universités publiques dans plusieurs pays francophones d’Afrique, avec un premier déploiement prévu pour l’automne 2019. Nous recherchons une collaboration directe avec les universités virtuelles nationales, en particulier dans les pays francophones, mais également lusophones et anglophones. Nous collaborons avec Open Education Consortium et ICDE dans le cadre de l’Open Education Leadership Summit.

5. À votre avis, quelles sont les plus importantes compétences pour les étudiants africains du futur et en quoi sont-elles liées à l’employabilité et à la probable évolution future des marchés de l’emploi au sein de la Francophonie ? En quoi les « compétences non techniques » sont-elles importantes ?

Les personnes qui réussiront dans l’économie du futur en Afrique, comme partout ailleurs, seront celles qui pourront compléter le travail effectué par des technologies mécaniques ou algorithmiques et « travailler avec les machines ».
La priorité est de conforter l’intégration des compétences métiers et des compétences non techniques dans une démarche continue d’amélioration et d’adaptation. Les « soft skills » (compétences non techniques) telles que l’agilité et la créativité prendront alors toute leur importance.

6. Quel regard portez-vous sur l’évolution future de l’éducation et de la formation au sein de la Francophonie en matière de réponse aux besoins de nouvelles industries ?

Le monde socio-économique et l’enseignement supérieur doivent co-construire une définition partagée de référentiels métiers et de compétences transversales.
Il convient de développer des universités virtuelles associées à des campus connectés pour proposer des formations personnalisées et flexibles en lien avec ces référentiels communs.

7. Selon vous, comment mieux encourager l’entrepreneuriat et l’innovation grâce à l’apprentissage assisté par les technologies ?

Des méthodes de pédagogie seront à privilégier : pédagogie par projet, missions en entreprise, travail collaboratif, recherche et innovation partagée (laboratoire virtuel, simulation économique) …

8. Quels sont les principaux défis auxquels les étudiants de la Francophonie sont confrontés ?

L’amélioration de leur employabilité est le principal défi auquel sont confrontés les étudiants africains.

9. Êtes-vous optimiste quant au futur des jeunes, des travailleurs et des employeurs de la Francophonie et de l’Afrique en particulier ? Si oui, qu’est-ce qui justifie cet optimisme ?

Une intégration plus forte des économies africaines, tant au niveau régional (CEDEAO, CEMAC) qu’au niveau du continent (AfCTA) devrait être un moteur important pour accroître le commerce des biens et services, stimulant une croissance forte et dynamique des économies africaines. Comme pour les blocs commerciaux préexistants, cela devrait ouvrir des possibilités d’emploi pour les jeunes et les travailleurs, à condition qu’ils développent les compétences nécessaires pour tirer parti des atouts de chaque économie et favoriser la collaboration au sein d’une entreprise ainsi qu’au sein de réseaux d’entreprises dans des secteurs industriels spécifiques.

10. Jugez-vous suffisant ce qui est fait dans l’espace francophone pour remédier aux défis en matière d’éducation et de formation et tirer parti des opportunités offertes par la rapide transformation technologique ? Que peut-on faire de plus ?

De nombreuses initiatives intergouvernementales ont été lancées avec succès. Il s’agit maintenant de les ancrer dans les territoires.


Jetez un coup d’œil au programme eLearning Africa 2019 ici.



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