Tendances

Le soleil, le sable et l’eLearning

Beach-ZanzibarSi l’on en croit les estimations de la Banque Mondiale, l’industrie du tourisme en Afrique Subsaharienne pourrait créer jusqu’à 6,7 millions d’emploi à l’orée 2021. Le rapport, intitulé « Le tourisme en Afrique: facteur de croissance et d’amélioration des moyens de subsistance », indique que le tourisme représentait déjà un emploi sur 20 en Afrique Subsaharienne en 2011. Au vu des prévisions de croissance dans ce domaine, une insuffisance dans les formations idoines représente un réel danger. Un danger auquel l’eLearning pourrait bien apporter une solution.

par Steven Blum

« Les compagnies du secteur privé africain attirent de plus en plus d’investisseurs régionaux et internationaux ; et les retours sur investissements en Afrique sont parmi les plus importants au monde ». Ainsi s’exprime Makhtar Diop, Vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique.

En 2012, le continent Africain dans son ensemble a attiré 33,8 millions de visiteurs, un nombre très largement supérieur aux 6,7 millions de touristes comptabilisés en 1990. Les recettes engrangées en 2012 ont dépassé les 36 milliards de dollars, ce qui représente 2,8 % du PIB du continent.

Le rapport précise en outre que « le tourisme peut être un puissant facteur de développement économique, à condition d’être géré durablement. Il stimule l’économie lorsque les contraintes environnementales, sociales, économiques et autres sont prises en compte »

La manne financière touristique a d’importantes répercussions sur l’ensemble d’un pays, enrichissant maints secteurs économiques, notamment les télécommunications, les finances, le secteur manufacturier et les entreprises locales.

Un certain nombre de programmes de formation à l’accueil ont été créés en vue de répondre à la demande de l’industrie du tourisme en pleine croissance. SNV, une organisation de développement durable, offre ainsi des cours de formation à la restauration et des formations pour employés d’hôtels au Ghana et au Mali. D’autres programmes de formation à l’accueil, la plupart proposant une partie de leur formation en ligne, se trouvent en Afrique du Sud, où le tourisme assure plus de 10% des emplois du pays.

Dans le même temps, la toute première plateforme de formation touristique namibienne, TTN, créée sous la férule de la GIZ et du Ministère namibien du développement économique, a présenté ses projets dans le cadre de la Conférence eLearning Africa 2013 !

Selon le Financial Times, l’Afrique est également un nouveau « champ de bataille » de l’industrie hôtelière mondiale. En janvier 2014, le groupe Marriott a racheté Protea, un autre groupe hôtelier propriétaire de nombreux établissements dans 7 pays africains, pour la somme de 200 millions de dollars.

La chaîne hôtelière n’est pas simplement heureuse de courtiser les entreprises américaines et européennes. « La grande récompense, c’est le marché national et régional », selon Alex Kryiakidis, qui dirige la branche Moyen-Orient et Afrique du groupe Marriott.

Avec un afflux de voyageurs de plus en plus mobiles et réalisant des trajets entre Lagos, Nairobi, Johannesburg, Luanda et bien d’autres villes africaines, les hôtels sont en compétition permanente afin de satisfaire la demande. Dans certaines villes comme Luanda, capitale de l’Angola, il reste très difficile de trouver une chambre d’hôtel en classe affaires pour moins de 500 $ par nuit.

Parallèlement à tout ceci, le besoin en voyagistes, en mesure d’obtenir des visas, de réserver un hébergement et d’organiser des séjours pour les visiteurs, ne cesse de croître. Si l’on en croit la Banque mondiale, 50 à 70% des touristes en Afrique subsaharienne utilisent des voyagistes. A titre de comparaison, ces chiffres chutent à 10-15% dans les autres régions du monde.

Tous ces développements impliquent de grands investissements dans l’éducation. Des études en Egypte, une des destinations touristiques africaines les plus prisées, ont toujours fait face à une forte demande d’apprentissage en ligne chez les étudiants en tourisme, plus particulièrement dans le cadre d’une approche mixte de l’enseignement.

Les avantages sont nombreux. Outre les bénéfices classiques et inhérents au eLearning, tels les bas coûts et la facilité d’accès, la composante eLearning de la formation est en mesure de développer chez les étudiants les compétences en ligne, les contacts interpersonnels, la collaboration et l’apprentissage conceptuel, habituant par là même les apprenants à expérimenter sur des bases et modèles entrepreneuriaux hypothétiques.

Une donnée plus importante encore : les étudiants auraient le temps de travailler parallèlement à leurs études, emmagasinant l’expérience professionnelle requise dans l’industrie du tourisme.

Les écoles de tourisme égyptiennes, qui sont de vieilles institutions, n’ont adopté que très lentement le eLearning, si l’on en croit les chiffres de 2012. Les îles de l’Océan Indien en revanche, chez qui le tourisme est de longue date un secteur économique vital et où le taux de pénétration d’internet dépasse les 45%, érigent les standards eLearning au rang de norme dans le secteur touristique.

Les Seychelles ont notamment lancé en 2012 des cours en ligne dédiés au « tourisme durable ». L’île Maurice, où les TIC sont omniprésentes dans les services financiers et les réseaux très développés de centres eLearning, leur ont emboîté le pas en 2013.

Ces micro-états, situés à des centaines de kilomètres de la terre ferme, ne peuvent certes pas être considérés comme représentatifs, ils font malgré tout figure de modèle dans la gestion du développement touristique ; modèle que certains pays africains pourraient se décider à suivre.

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