Aperçus de la conférence

Internet par-dessus tout ?

ela2013_impressions_260Internet est-il devenu une composante si essentielle de nos interactions planétaires que le monde de l’éducation ne pourrait plus s’en passer ? La connexion à Internet doit-elle être placée en tête des priorités des écoles africaines ? Ou cette volonté frénétique de connexion fait-elle de l’ombre à d’autres obstacles tout aussi importants auxquels le monde de l’éducation est confronté ? Notre obsession moderne de la connectivité nous fait-elle oublier que de nombreuses écoles africaines ont besoin d’enseignants plus qualifiés et de salles de classe mieux équipées tout en mettant l’accent sur les mérites de l’éducation traditionnelle ?

par Alasdair MacKinnon

Ces questions seront au cœur du débat de la conférence eLearning Africa 2014 avec son thème provocateur : « Ce foyer estime que rien n’est plus important pour l’éducation à l’heure actuelle que l’accès à Internet ».

Les statistiques du Rapport 2014 d’eLearning Africa, qui seront publiées le 29 mai, la veille du débat, montrent que cette idée rencontre un certain écho. Près d’un tiers des enseignants interrogés ont indiqué qu’Internet est la principale amélioration dont leur école a besoin. Ce n’est cependant pas là leur seule préoccupation.

Même si l’intérêt d’Internet comme outil d’apprentissage n’est plus remis en question, personne n’est pour l’instant capable de dire si l’accès à Internet offre, à lui seul, la même qualité pédagogique que l’enseignement dans une salle de classe traditionnelle.

Même si le secteur des télécommunications africain semble progresser en sautant des étapes (l’étape câblée du développement d’Internet, par exemple), une question persiste pour toutes les personnes impliquées dans le secteur de l’éducation : est-il réellement possible de « sauter » la phase de mise en place d’institutions et de méthodes d’apprentissage traditionnelles et de passer directement à l’e-learning ?

C’est ce que semble suggérer bon nombre des expérimentations d’e-learning lancées ces dernières années, notamment celle de Sugata Mitra « Le trou dans le mur », qui a montré qu’une connexion Internet peut parfaitement servir de base d’éducation. Les critiques émises récemment quant à l’efficacité à long terme de cette innovation ont cependant jeté le doute sur les résultats de l’expérimentation et sur le rôle que celle-ci peut jouer comme point de départ du développement futur.

Ce débat divise les idéalistes et les réalistes, c’est-à-dire ceux qui croient qu’Internet est capable de remplacer des méthodes d’apprentissage révolues et ceux qui le considèrent simplement comme un outil pour améliorer et faire évoluer les méthodes existantes.

La question est également au cœur de la notion actuelle d’apprentissage en Afrique. Les développements éducatifs à grande échelle mis en place sur le continent en prévision de 2015 ont été axés sur la création d’écoles et d’infrastructures en dur. Ils devaient permettre d’atteindre l’Objectif du Millénaire pour le développement qui vise à garantir l’éducation primaire pour tous.

Les résultats de cette évolution sont impressionnants en Afrique subsaharienne puisque le taux d’inscription à l’école a augmenté de 18 % entre 1999 et 2008 et que le nombre d’enfants qui ne fréquentent pas l’école primaire, en pourcentage de la population totale des moins de 14 ans, est passé de 15 % en 2000 à 8 % en 2011. Mais au-delà de ces statistiques faciles à mesurer, des voix se sont élevées pour s’inquiéter de la qualité de l’éducation fournie dans le cadre du programme de développement. Les écoles primaires nouvellement construites manquent parfois cruellement de ressources, d’électricité, d’enseignants et de connexions à Internet, facteurs qui peuvent fragiliser les progrès réalisés.

Il est également difficile de mesurer la quantité d’apprentissage informel qui a lieu hors de la structure traditionnelle de la salle de classe, apprentissage qui s’appuie de plus en plus sur Internet. Là où le système éducatif est inadéquat ou inadapté, Internet peut devenir un moyen d’information essentiel et permettre à la nouvelle génération d’apprendre ce dont elle a besoin, quand elle en a besoin.

Il est clair que ce débat à multiples facettes nécessite l’intervention d’un panel d’orateurs diversifié, ce qui est particulièrement le cas cette année, avec des invités âgés de 27 ans à 74 ans. Pour soutenir la motion, le débat accueillera le professeur Venasius Baryamureeba, de l’université Technologies et Management (Ouganda), et la grand-mère galloise Valerie Wood-Gaiger, Membre de l’Ordre de l’Empire britannique et fondatrice de « Apprendre avec grand-mère » (« Learn with Grandma ») ; l’opposition sera représentée par l’enseignant et blogueur sud-africain Athambile Masola et par le Dr Peter Bateman de l’Association des Écoles internationales en Afrique.

Mêlant commentaires incisifs, rhétorique et comédie, le débat du vendredi, qui aura lieu le 30 mai de 17h45 à 19h15, sera aussi l’occasion pour vous de faire entendre votre voix : la participation du public est toujours la bienvenue. Mais n’attendez pas le jour de la manifestation, dites-nous ce que vous en pensez dès maintenant en utilisant l’espace fourni ci-dessous !

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Vous pourrez récupérer votre exemplaire du Rapport eLearning Africa 2014 au Bureau d’information en présentant le bon qui vous a été fourni avec votre badge.

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