L’Afrique abrite la population la plus jeune du monde. Au cours des prochaines décennies, des centaines de millions de jeunes Africains passeront par les écoles, les universités, les établissements de formation et les parcours d’apprentissage informels dans l’espoir que l’éducation leur ouvrira les portes de l’opportunité, de la prospérité et d’un travail valorisant.
Mais que se passera-t-il si le monde pour lequel on les prépare est en train de disparaître ?
Telle est la question provocante au cœur du débat eLearning Africa de cette année, qui revient à Accra le vendredi 5 juin pour ce qui est devenu l’une des sessions les plus attendues et les plus fréquentées de la conférence.
La motion soumise à la Chambre est la suivante :
« Cette Chambre estime que les systèmes éducatifs africains préparent les jeunes à un monde qui n’existe plus, les condamnant ainsi à l’échec. »
Comme toujours, cette motion se veut délibérément provocatrice. Pourtant, derrière cette rhétorique se cache une question qui est au cœur des débats menés à travers l’Afrique et tout au long de la conférence de cette année.
Les principes qui sous-tendent l’éducation sont restés remarquablement stables pendant longtemps. Étudier avec assiduité. Obtenir des diplômes. Développer des compétences. Entrer sur le marché du travail. Se construire une carrière.
Pendant des générations, ce parcours a façonné la politique éducative, la conception des programmes scolaires et les attentes du public.
Aujourd’hui, cependant, le paysage évolue rapidement. L’intelligence artificielle est en train de transformer les industries. Des catégories entières d’emplois évoluent ou disparaissent. L’emploi informel reste dominant sur une grande partie du continent. De nouvelles formes d’entrepreneuriat émergent. L’incertitude économique, la croissance démographique et les bouleversements technologiques modifient les marchés du travail à un rythme que peu de gens auraient pu prévoir il y a encore dix ans.
Dans le même temps, les gouvernements, les institutions et les employeurs sont confrontés à des questions de plus en plus pressantes. De quelles connaissances, compétences et aptitudes les jeunes auront-ils besoin à l’avenir ? Comment l’éducation doit-elle s’adapter à des métiers qui n’existent peut-être pas encore ? Quel est le juste équilibre entre connaissances fondamentales et capacité d’adaptation ? Et comment les systèmes d’apprentissage peuvent-ils préparer les individus non seulement à l’emploi, mais aussi à des changements tout au long de la vie ?
Telles sont les questions auxquelles sont confrontés chaque jour les décideurs politiques, les éducateurs, les employeurs et les apprenants à travers toute l’Afrique.
Ce sont également des questions qui rejoignent directement le thème d’eLearning Africa 2026, « L’heure de l’Afrique, les conditions de l’Afrique : apprendre pour la souveraineté, la force et la solidarité ».
Si l’Afrique veut façonner son propre avenir selon ses propres conditions, l’éducation et le développement des compétences joueront un rôle décisif. Mais à quoi devraient ressembler ces systèmes à l’ère d’une transformation technologique et économique rapide ? Évoluent-ils assez vite, ou l’ampleur du changement exige-t-elle une refonte plus fondamentale ?
Quatre intervenants représentant différents secteurs, expériences et perspectives se pencheront sur ces questions.
Participeront au débat : Ann Aseye Donya, de l’Union des étudiants (AASU), du Ghana ; Maximilian Bankole Jarrett, de l’Initiative pour le patrimoine Afrique-Barbade (TABHI), de Côte d’Ivoire ; Efua Adabie, de la Fondation Breaking Doors, du Ghana ; et Adam Salkeld, de Digital Learning Associates (DLA), du Royaume-Uni.
Ensemble, ils apportent une expérience couvrant le leadership des jeunes, l’impact social, les politiques publiques, le développement, l’innovation et l’éducation. Leur tâche ne sera pas de parvenir à un accord, mais de convaincre le public.
Le débat sera présidé par l‘honorable Michael Onyango, de l’organisation 4gotten Bottomillions (Kenya), qui animera les débats selon le format animé de type parlementaire qui a fait de cette session l’une des préférées de la conférence depuis son introduction en 2009.
Ce qui rend le débat eLearning Africa unique, c’est que les délégués ne sont pas de simples spectateurs. Les membres du public sont encouragés à interpeller les intervenants, à remettre en question les hypothèses et à apporter leurs propres points de vue tout au long de la session. À la fin, c’est le public lui-même qui décide du résultat par un vote.
Au fil des ans, le débat a abordé certaines des questions les plus controversées dans les domaines de l’éducation, de la technologie et de la société. Il a donné lieu à des échanges animés, à des alliances inattendues et à de nombreuses surprises. Il arrive souvent que les délégués changent d’avis au fur et à mesure que les arguments se déroulent.
Le débat de cette année s’annonce comme le digne héritier de cette tradition.
Alors qu’eLearning Africa 2026 touche à sa fin, peu de questions pourraient revêtir une plus grande importance. Si l’éducation reste le plus puissant investissement de l’Afrique dans l’avenir, comment peut-elle s’adapter à un monde en pleine mutation sous l’effet de la technologie, des changements démographiques et des nouvelles réalités économiques ?
Attendez-vous à des opinions tranchées. Attendez-vous à des désaccords. Attendez-vous à des interventions du public. Et attendez-vous à un vote dont l’issue est incertaine.
Mais surtout, attendez-vous à un débat qui se poursuivra bien après la fin de la session.
Rejoignez-nous le vendredi 5 juin, de 16 h 30 à 18 h 15, pour le débat de clôture d’eLearning Africa 2026.

















