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Une plateforme éducative numérique pour promouvoir l’adoption d’outils de banque en ligne par des femmes entrepreneurs à Maurice

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Plusieurs entreprises modestes sont dirigées et gérées par des femmes entrepreneurs qui contribuent assez au secteur des PME. À Maurice, l’autonomisation des femmes par l’entrepreneuriat figure parmi les principales thématiques du Plan directeur national de promotion des PME. Toutefois, selon la Banque mondiale, « Les mauriciennes réalisent certes des avancées considérables en termes de fréquentation scolaire aux niveaux primaire et secondaire, mais ne disposent pas parfois des compétences académiques, professionnelles et techniques, ainsi que l’expérience professionnelle nécessaires pour appuyer le développement d’entreprises hautement productives ».  Néanmoins, avec l’explosion de l’utilisation d’appareils mobiles et la réduction des coûts liés aux TIC à Maurice, l’usage d’outils en ligne est devenu plus accessible. Notre projet a pour principal objectif d’autonomiser les entrepreneures par une éducation numérique et une formation à l’usage d’outils de banque en ligne. Ces outils facilitent et accélèrent leurs transactions financières grâce à une plateforme en ligne qui adopte une approche personnalisée et évolutive.

La première phase du projet a adopté une approche plurielle, ainsi que des études quantitatives et qualitatives. L’enquête a recueilli les réponses d’environ 330 entrepreneures sur leurs connaissances des outils et concepts numériques, leurs attitudes et comportements liés à l’usage d’outils de banque en ligne dans leurs processus. De plus, des discussions de groupe ont ciblé les entrepreneurs et les parties prenantes telles que les organismes d’appui aux entrepreneures et les institutions bancaires disposant de guichets dédiés aux PME.

Les principaux résultats peuvent être résumés comme suit : 

  • Plusieurs entrepreneures, en particulier celles n’ayant pas fait de grandes études, n’utilisent pas la banque en ligne pour leurs transactions commerciales et perdent trop de temps à faire la queue dans les agences bancaires pour effectuer leurs transactions quotidiennes.
  •  L’approche axée sur les liquidités est encore dominante chez cette frange de femmes entrepreneurs. Les entrepreneures mènent leurs activités commerciales conventionnelles sans aucune plateforme de facilitation numérique garantissant des paiements électroniques.
  •  Les entrepreneures sont encore à la traîne dans l’adoption d’outils numériques tels que des systèmes informatiques, des adresses électroniques ou des facilités numériques de base destinées aux entreprises. Toutefois, la majorité d’entrepreneures possède des smartphones et accède régulièrement à Internet, surtout pour consulter des réseaux sociaux à des fins personnelles et, occasionnellement, professionnelles. Plusieurs entrepreneures du secteur de l’artisanat « regardent des vidéos YouTube pour découvrir des nouvelles conceptions et techniques ».
  •  Une importante proportion d’entrepreneures, surtout celles qui dirigent des microentreprises, ne possèdent pas de cartes bancaires en leur nom ou au nom de leurs sociétés. Certaines entrepreneures « sollicitent leurs époux ou leurs enfants » pour effectuer les transactions bancaires par le biais de services numériques. Néanmoins, elles sont engagées à apprendre à utiliser ces outils afin de « gérer leur argent de façon indépendante ».
  • Les entrepreneures sont soumises à des contraintes de temps supplémentaires par rapport à leurs homologues de sexe masculin. Aussi stéréotypé que cela puisse paraître, les femmes entrepreneurs ont plusieurs responsabilités liées à la gestion de leurs foyers et de leurs familles, d’où les difficultés supplémentaires qui compromettent la survie de leurs entreprises.
  • Par ailleurs, il a été révélé que malgré l’existence sur le marché de programmes d’alphabétisation numérique, la majorité des femmes entrepreneurs de Maurice ne tirent pas parti de ces opportunités, perçues comme n’étant pas « pratiques ». Sur la base de ce constat, la participation en présentiel aux sessions de formation générique organisées par différentes parties prenantes semble ne pas être la solution idéale.

Il est donc impératif de concevoir et de promouvoir des solutions de formation personnalisées, visant à autonomiser les entrepreneures pour l’adoption de services de banque en ligne dans le cadre de leurs activités professionnelles.


L’équipe de recherche (Kesseven Padachi, Aleesha Boolaky et Diroubinee Mauree-Narrainen) avec des femmes entrepreneurs lors de discussions de groupe tenues sur l’île Rodrigues (République de Maurice)

L’analyse des besoins de formation dégagée après la première phase de l’étude a permis de mettre au point le contenu du programme d’éducation au numérique, ainsi qu’une solution en ligne ergonomique. Des supports de formation évolutifs ont été conçus et intégrés à la plateforme Moodle sous la supervision d’un Comité technique consultatif constitué d’acteurs des TI et de PME de Maurice.  Le contenu de formation comportera un module préliminaire sur les bases de la banque en ligne à Maurice, ainsi que des tutoriels sur l’usage d’outils de banque en ligne, notamment les GAB, les points de vente, les services bancaires par Internet et sur téléphone portable. La formation sera mise au point dans un environnement interactif qui simulera un GAB, ainsi que les opérations sur Internet et sur téléphone portable. En outre, des contenus en ligne enrichis de graphiques animés, d’outils d’appui multimédias tels des clips vidéo, seront intégrés. L’usage du créole mauricien sera utilisé, avec des possibilités d’adaptation en d’autres langues. De plus, des exercices pratiques en ligne serviront d’outils de validation pour évaluer l’effectivité de l’apprentissage et des autotests jaugeront les performances des apprenants. La plateforme électronique proposera diverses autres fonctionnalités comme des conversations de groupe, pour faciliter la mise en réseau des entrepreneures, ainsi que des outils tels que des calculateurs de crédit et de taux de change. Outre l’impact positif pour leurs sociétés, la plateforme électronique entend proposer à moyen terme d’autres fonctions permettant aux entrepreneurs de proposer des services d’e-commerce et d’autres solutions électroniques. Cette plateforme pourrait être répliquée au sein de la communauté africaine en général.

Aleesha Boolaky

Université de Technologie de Maurice



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