Aperçus de la conférence

« Les répercussions du changement vont se propager »

photoEntrepreneur social en série et jeune mentor, Toyosi Akerele-Ogunsiji est la fondatrice de RISE Networks, un magazine consacré au développement du Nigeria, axé plus spécifiquement sur l’éducation et la technologie. Depuis sa création comme magazine pour les jeunes, RISE s’est développé et englobe maintenant le Rise National Youth Forum (Forum national de la jeunesse), un événement d’autonomisation des jeunes organisé dans une vingtaine d’universités réparties dans 23 États du Nigéria, ainsi que de nombreux programmes liés à la création d’emploi, au leadership, à l’alphabétisation des enfants et aux TIC pour l’éducation. En 2012, en réponse à des taux élevés d’échec aux examens nationaux, PASSNOWNOW a également vu le jour, offrant des ressources d’apprentissage gratuites en ligne dans un format accessible. Le service d’actualité d’eLearning Africa a rencontré Toyosi Akerele-Ogunsiji pour essayer de comprendre ce qui motive sa passion de l’innovation.

L’idée de créer RISE est venue à Toyosi alors qu’elle étudiait le droit à l’université de Jos. Elle a créé le magazine emblématique pendant sa deuxième année. Mais elle a rapidement pris conscience du décalage qui existait entre ce qu’elle considérait comme l’audience maximale du magazine (100 000 personnes) et l’ensemble de la jeunesse du Nigéria (environ 65 millions), une expérience qu’elle décrit comme « déstabilisante ».

« C’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’il fallait utiliser la technologie pour faire bouger les choses encore plus, et je ne me suis jamais arrêté depuis », dit-elle.

La jeunesse africaine est souvent citée comme une ressource essentielle. C’est pour permettre à cette génération d’atteindre son plein potentiel qu’une meilleure éducation et un meilleur accès à la technologie sont cruciaux. « Aucun pays ne peut s’attendre à progresser de manière significative au niveau économique si sa jeunesse (très nombreuse) n’a pas les moyens de réussir et de progresser de manière durable, explique Toyosi qui est convaincue que les Nigérians peuvent faire de grandes choses.

Il n’y a aucune raison que le Nigéria ne puisse pas, avec son immense population, recréer la réussite de la Chine… que le pays ne puisse pas devenir un centre technologique d’envergure sachant qu’il possède sur son territoire la majorité des start-up technologiques les plus prospères du continent… qu’il ne parvienne pas à générer des milliards de dollars de revenus avec son industrie cinématographique et musicale sachant que ses acteurs et musiciens font partie des meilleurs en Afrique et au sein de la diaspora africaine… Les jeunes nigérians compétents devraient être mieux représentés dans les instances qui façonnent et définissent les politiques en Afrique et dans la région d’Afrique de l’Ouest. »

Et puis il y a les points négatifs, les difficultés dont Toyosi estime qu’elles sont partagées par les jeunes de toute l’Afrique subsaharienne : faiblesse des gouvernements, « infrastructures défaillantes, inadéquates ou inexistantes et une tendance générale à l’incapacité ». Au Nigéria, elle identifie trois manifestations de ces éléments négatifs qui empêchent le pays d’avancer : la dépendance excessive au pétrole au détriment de la production, le taux de chômage élevé des jeunes et « une divergence entre ce qui est enseigné dans les écoles et les compétences requises dans le monde réel ».

Donner aux jeunes les capacités de surmonter ces enjeux est au cœur du travail de Toyosi. PASSNOWNOW, par exemple, vise non seulement à aider les étudiants et les enseignants à réussir leurs examens, mais aussi à leur permettre « d’accéder à des contenus sur l’histoire du monde, l’actualité économique, la science, la technologie, la santé et la sécurité personnelle… des informations importantes qui non seulement peuvent leur servir un jour ou l’autre, mais les transforment en étudiants urbains de la vie ».

Elle exprime sa vision de l’avenir de l’éducation au Nigéria avec trois objectifs : accès, qualité et pertinence. Il s’agira, selon elle, d’un avenir « où les enfants de parents pauvres, la jeune fille d’âge scolaire enceinte et le vendeur ambulant qui souhaitent accéder à l’éducation ne verront aucun obstacle se dresser en travers de leurs objectifs » et où les enseignants développeront « la capacité des étudiants à poser des questions difficiles et précises et à ne jamais renoncer à trouver des réponses, car c’est là que réside l’innovation si nécessaire à notre avenir collectif ».

Un tel avenir prendra un peu de temps à construire, mais le travail de RISE s’efforce de concrétiser les visions de Toyosi Akerele-Ogunsiji. En s’adressant à la jeunesse du Nigéria et en partageant avec elle une même vision de l’avenir, elle espère voir, « comme une pierre tombant dans un lac placide… les répercussions du changement se propager ».

Toyosi Akerele-Ogunsiji participera en tant qu’orateur à la conférence eLearning Africa 2016 au Caire en Égypte. « Je pense que la conférence eLearning Africa 2016 me permettra de tisser des liens avec d’autres acteurs du changement, solutionneurs de problèmes, fans de technologie et parties prenantes de l’écosystème des technologies de l’éducation, avec qui je pourrai échanger des idées et qui me permettront d’élargir mon champ d’action » dit-elle. Pour en savoir plus sur l’édition 2016 d’eLearning Africa, ses orateurs et son programme, rendez-vous sur http://www.elearning-africa.com/

 

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