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Éduquer les femmes pour changer la planète

Personne n’ignore que l’éducation des femmes et des filles est une composante essentielle du développement durable, de la croissance économique, de la responsabilité environnementale et de multiples autres facteurs cruciaux pour l’avenir de l’humanité. Les femmes éduquées sont plus actives, se marient plus tard et ont moins d’enfants mais des enfants en meilleure santé. Elles sont plus résilientes aux chocs économiques et environnementaux.

Les bénéfices de l’éducation des filles et des femmes sont évidents. Mais pourrions-nous faire mieux que de simplement améliorer la scolarisation des femmes ? Que se passerait-il si nous pouvions créer une expérience éducative capable de préparer explicitement les femmes à des carrières sur notre planète en pleine évolution ?

L’Institut Akilah, célèbre université féminine du Rwanda, a été fondé en 2010 dans le but de créer des opportunités pour les femmes. Nous proposons des diplômes accrédités de deux ans dans les secteurs du tourisme, des systèmes d’information et de l’entreprenariat. Nos programmes sont alignés sur certains des secteurs les plus prospères de l’économie régionale.

Notre modèle semble fonctionner. Une récente étude a montré que près de 90 % de nos diplômées ont réussi à décrocher un emploi dans les six mois qui ont suivi leur sortie de l’école. Leurs salaires atteignent en moyenne 12 fois le revenu médian national du Rwanda. Et près de 60 % de nos diplômées ont bénéficié d’une promotion et/ou d’une augmentation de salaire depuis l’obtention de leur diplôme.

Le monde change, l’éducation doit changer aussi

Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Le monde change… très vite. La démographie, l’urbanisation galopante, l’innovation technologique et la mondialisation sont sources de problèmes et d’opportunités sans précédent. Les difficultés sont aggravées par le changement climatique qui affecte de manière disproportionnée les pays émergents. La part des pays africains dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre est inférieure à 4 %, alors que l’Afrique est le continent le plus vulnérable aux effets du changement climatique.

Ces changements sont en train de transformer l’économie mondiale et les emplois qui l’alimentent. Malheureusement, les systèmes éducatifs actuels ne préparent pas les étudiants aux carrières d’aujourd’hui et de demain. C’est notamment le cas en Afrique subsaharienne où la plupart des systèmes éducatifs ont été conçus pour l’ère précédente. Si les choses restent en l’état, les diplômés des universités africaines vont passer en moyenne cinq ans à chercher un emploi. Dans une enquête de 2014, près de la moitié des employeurs est-africains citaient le manque de compétences parmi les principaux motifs qui les empêchent de pourvoir leurs postes vacants. Des millions de personnes sont au chômage ou sous-employés, mais les employeurs ne parviennent pas à recruter faute de personnel qualifié. Sans une refonte totale des systèmes éducatifs, le décalage entre les compétences des diplômés et les besoins des employeurs ne va faire qu’empirer.

Un nouveau modèle pour le XXIe siècle

Le monde a besoin d’une éducation abordable et innovante, capable de préparer les professionnels du XXIe siècle aux enjeux et aux carrières de demain. À Akilah, nous avons lancé un ambitieux plan stratégique de trois ans pour pouvoir proposer une expérience éducative radicalement différente, capable d’offrir aux étudiants les cadres, les connaissances et les compétences dont ils auront besoin pour s’adapter à un monde en pleine évolution.

L’éducation au développement durable est au cœur de ce nouveau plan. Pour nous, l’éducation au développement durable est un processus d’apprentissage transformateur qui intègre des connaissances provenant de différentes disciplines (sciences, technologie, ingénierie, art, etc.) et permet d’élaborer des solutions innovantes aux problèmes du monde. Les thèmes du développement durable seront intégrés à tous les cours d’Akilah et enracinés dans notre culture. Il sera demandé aux étudiantes de suivre un cursus de base sur le développement durable. Elles appliqueront leurs connaissances et leurs compétences à des études de cas et à des projets du monde réel qui les obligeront à tenir compte de considérations environnementales, sociales et économiques. Notre nouveau modèle met également l’accent sur le leadership, l’apprentissage profond, la créativité et le caractère moral afin de permettre aux étudiantes d’utiliser efficacement leurs connaissances une fois leur diplôme en poche.

Améliorer l’accès

Pour répondre à la demande croissante et réduire nos coûts sans nuire à la qualité de nos programmes, nous avons adopté un modèle d’apprentissage mixte enraciné dans l’éducation fondée sur les compétences (CBE). La CBE mesure la maîtrise d’une compétence plutôt que le temps passé en classe. Avec un cursus de CBE, les étudiantes ne passent à l’étape suivante qu’après avoir acquis un ensemble prédéfini de connaissances et de compétences. Elles peuvent progresser à leur propre rythme, ce qui leur donne la possibilité de répéter certaines leçons ou d’en sauter d’autres. Notre cursus de CBE est basé sur un modèle d’apprentissage mixte qui combine des contenus numériques, du travail en groupe, des exposés en public et du soutien scolaire.

Nos diplômées

Dans l’idéal, nos diplômées iront ensuite œuvrer au renforcement de la résilience au changement climatique dans leurs communautés. Elles animeront des discussions critiques sur l’autonomisation des femmes, l’action climatique, les solutions d’énergie propre, l’innovation urbaine intelligente, etc.

La population active aura besoin d’elles. L’adaptation humaine au changement climatique devrait créer 60 millions de nouveaux emplois dans le monde d’ici à 2030. Même si les diplômées décident de mener des carrières en dehors du secteur du développement durable, elles disposeront des compétences nécessaires pour réussir dans la vie professionnelle du XXIe siècle. Elles auront appris à réfléchir de manière critique, à acquérir de nouvelles connaissances, à résoudre des problèmes, à prendre des initiatives et à diriger.

L’avenir de l’éducation des femmes

Heureusement, les pays sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à faire de l’éducation des femmes une priorité économique et sociale. Mais la qualité et le genre d’éducation jouent un rôle important. La question de l’expérience éducative idéale des femmes au XXIe siècle reste ouverte. À Akilah, nous faisons le pari que l’éducation au développement durable nous rapprochera d’une réponse complexe à cette question, réponse qui nécessitera des efforts importants de la part des établissements d’enseignement, des gouvernements, de la société civile et du secteur privé.

Pour en savoir plus sur notre modèle, rendez-vous sur www.akilahinstitute.org. Ou suivez-vous sur Facebook et Twitter.

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