Aperçus de la conférence

Libérer les TICs en faveur de l’innovation et de l’entrepreunariat des jeunes

Ssali MuzafaruLa Banque Africaine de Développement (BAD) a adopté une nouvelle approche du développement qui met l’innovation au cœur de la réalisation des projets de la Banque, que ce soit au niveau du personnel ou des clients. La Banque se considère non seulement comme un conseiller financier et politique, mais aussi comme un promoteur de connaissances et d’innovation.

Par Foster N. Ofosu, spécialiste du renforcement des capacités. Groupe de la Banque africaine de développement

C’est ce qui ressort de la plupart de ses secteurs d’intervention, comme l’illustre la « Stratégie à dix ans 2013-2022 », ainsi que de ses stratégies sectorielles. Récemment, la Banque a élaboré une approche innovante qui a pour objectif de libérer une nouvelle vague de développement et de croissance partagée par tous. Cette vision est illustrée par 5 grands objectifs : nourrir l’Afrique, éclairer l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie en Afrique.

Deux grandes tendances démographiques dominent actuellement en Afrique : une proportion croissante de jeunes et des niveaux de compétence élevés. Avec près de 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique possède la population la plus jeune du monde, une population qui croît rapidement et qui est de mieux en mieux éduquée. Autre point positif, les pays africains sont en première ligne de la croissance économique mondiale. Nous avons, d’un côté, une population de plus en plus nombreuse et de mieux en mieux éduquée et des économies prospères. Mais cela s’arrête là en termes de bonnes nouvelles. Le problème de l’Afrique n’est pas tant le manque d’emplois, tel qu’il est mesuré par les indicateurs internationaux actuels, mais plutôt le sous-emploi et l’absence d’emplois décents. Lors des discussions qui portent sur la création d’emplois pour les jeunes, l’accent doit donc être mis sur la création d’emplois décents et bien payés.

Pour concrétiser la vision de la Banque Africaine de Développement, qui souhaite élargir les opportunités et libérer les potentiels, il est donc indispensable de renouveler les connaissances et les compétences spécialisées. La jeunesse d’aujourd’hui a la lourde responsabilité de mener à bien les 5 grands objectifs. Pour réaliser cette vision, le continent va devoir se doter d’un plan de formation, d’incubation, de financement et de mise en œuvre. Un plan qui ne pourra réussir que si les jeunes sont impliqués dans l’intégralité de son processus de conception et de mise en œuvre.

Pour inciter les jeunes Africains à s’engager dans le processus de développement, la Banque Africaine de Développement s’efforce de contribuer à l’emploi des jeunes par des actions de renforcement des capacités et de l’entreprenariat sur le continent. Le rôle de la BAD dans ce processus est le suivant :

  • aider à identifier, au niveau micro et macro, les principaux obstacles qui entravent le déploiement des TIC dans le secteur du renforcement des capacités ;
  • identifier des moyens pour faire en sorte que les TIC participent à l’amélioration des prestations de renforcement des capacités pour l’entreprenariat et l’emploi des jeunes ;
  • créer un environnement dans lequel différentes parties prenantes puissent collaborer à la création de capacités innovantes en faveur du développement.

Dans le domaine de l’innovation, les TIC doivent être considérées à la fois comme une ressource et comme un résultat. L’émergence de hubs technologiques sur le continent, ainsi que les efforts croissants mis en œuvre par de nombreux jeunes « technopreneurs » africains pour développer des applications mobiles destinées à résoudre les problèmes de santé, d’éducation, d’inclusion financière, d’agriculture et autres problèmes socio-économiques montrent bien que les processus d’innovation et d’entreprenariat peuvent à leur tour donner naissance à des TIC.

J’estime que l’Afrique doit non seulement utiliser davantage les TIC pour renforcer le développement des compétences et des entrepreneurs, mais qu’elle doit aussi mieux gérer les TIC en tant que ressources capables de favoriser la réalisation des objectifs de développement définis par la BAD. Par exemple, l’aide que reçoivent les technopreneurs doit favoriser l’adoption et la diffusion d’applications mobiles, tout en leur permettant de continuer à développer leurs projets. Il apparaît de plus en plus clairement que, même si certains technopreneurs remportent des prix et sont célébrés en dehors du continent, le soutien et la promotion qui entourent l’adoption et la diffusion d’applications mobiles conçues localement doivent être renforcés. Un autre exemple concerne l’utilisation des TIC pour le développement des compétences d’entreprenariat et le soutien aux start-ups. Même si les TIC ont été déployées avec succès à différents niveaux de l’enseignement formel, il est encore possible d’élargir l’utilisation qui en est faite pour former les jeunes entrepreneurs.

Pour atteindre le résultat souhaité, c’est-à-dire exploiter les TIC à la fois comme ressources et comme produits, l’Afrique va devoir renforcer la capacité de sa jeunesse à innover. La capacité d’innovation est la clé qui permettra de libérer le potentiel de l’Afrique et de mener le continent vers la croissance inclusive et le développement durable. L’« approche de la capacité d’innovation » associe une série d’activités visant à renforcer les capacités de la jeunesse africaine à élaborer localement des innovations à valeur ajoutée dans les domaines de la technologie, du marketing, du traitement et de l’organisation. Le concept de capacité d’innovation ouvre des possibilités qui permettent aux individus et aux entreprises de :

  • voir les choses différemment ;
  • appliquer de nouveaux outils aux processus existants ;
  • mesurer le potentiel d’innovation de n’importe quel pays, région ou entreprise ;
  • évaluer et améliorer la collaboration et les liens qui existent entre les parties prenantes dans l’écosystème de l’innovation en faveur de l’entreprenariat et de la croissance.

Dans le contexte de l’entreprenariat, nous devons renforcer les capacités (et le soutien) dans différents secteurs de l’innovation :

  • innovation du financement – capacité à mettre en place des financements et des mesures d’atténuation des risques
  • innovation technologique – capacité de l’innovation à motiver les technologues et les entrepreneurs, ces jeunes hommes et femmes désireux d’affronter les enjeux auxquels ils sont quotidiennement confrontés
  • innovation de marché – capacité à élaborer des solutions innovantes d’accès aux marchés pour les jeunes entrepreneurs et de promouvoir le commerce intra-africain
  • innovation dans les rouages du système – capacité à créer et à renforcer les liens entre le gouvernement, les universités et établissements de recherche, le secteur privé et la société civile.

Pour s’atteler à certains de ces enjeux, la BAD a récemment lancé le programme iYes (Innovation and Youth Entrepreneurship Support Programme) qui aidera la jeunesse africaine à créer et à développer des technologies et des projets innovants. Les interventions de renforcement des capacités comprennent :

  • week-ends axés sur l’innovation et les start-ups ;
  • associations d’innovations de la BAD – formation, coaching et mentorat d’idées gagnantes ;
  • création de nouveaux projets – incubation/excubation et autre soutien aux start-ups
  • croissance – capacité de conception.

Outre les interventions en face-à-face, le programme iYes fait appel à l’enseignement à distance et à l’eLearning. Le programme est également conçu pour combler les lacunes en matière de capacités d’innovation dans les quatre domaines tout en mettant l’accent sur la croissance pour garantir la commercialisation et la diffusion des technologies produites localement, afin de favoriser la réalisation des 5 grands objectifs.

Découvrez les initiatives de la Banque africaine de développement promouvant l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes, le mercredi 26 mai à eLearning Africa 2016.

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