Sur le terrain

SPHEIR : l’innovation au service d’une réforme de l’enseignement supérieur

66184Le Département pour le Développement International du Royaume Uni (DFID) a récemment lancé le programme SPHEIR qui a pour objectif la création de partenariats stratégiques pour l’innovation et la réforme de l’enseignement supérieur. Doté de 45 millions de livres par le gouvernement britannique, ce programme vise à transformer certains aspects de l’enseignement supérieur dans les pays à faible revenu. Il financera une douzaine de partenariats multi-acteurs destinés à améliorer l’accès, la qualité, la pertinence et le prix de l’enseignement supérieur sur une durée initiale de cinq ans. L’accent est clairement mis sur l’« innovation », sachant que l’utilisation des TIC occupera une place centrale dans le programme.

Comme de nombreux autres donateurs, le DFID reconnaît que l’enseignement supérieur joue un rôle crucial dans le développement socio-économique des pays. Pourtant, contrairement à l’éducation de base qui était au cœur des Objectifs du Millénaire pour le développement, l’enseignement supérieur a été un laissé de côté (2000-2015). En 2013, le DFID a donc créé un groupe de travail sur l’enseignement supérieur afin d’étudier le meilleur moyen de soutenir le développement de ce secteur de l’éducation. Le groupe de travail a recommandé au DFID de mettre l’accent sur les quatre domaines suivants :

  • utilisation de nouveaux modèles d’enseignement et d’apprentissage associant qualité, pertinence et prix abordable ;
  • réforme de la gouvernance, de la gestion et du financement des institutions et des systèmes d’enseignement supérieur en vue d’une amélioration durable des performances ;
  • action concertée au niveau sectoriel et institutionnel pour un meilleur accès et de meilleurs résultats des groupes sous-représentés ;
  • amélioration notable de la qualité de la recherche et interface renforcée entre recherche et politique/industrie.

Un des principaux outils recommandés pour atteindre ces objectifs était la création de « partenariats à forte valeur ajoutée, rassemblant un ensemble dynamique d’acteurs capables de générer des solutions créatives ». Le programme des partenariats stratégiques a donc été conçu dans le but de :

  • préparer l’enseignement supérieur pour l’avenir ;
  • attirer de nouveaux types d’acteurs dans le microcosme de l’enseignement supérieur ;
  • tester de nouveaux modèles de prestation.

SPHEIR n’est pas une simple réplique des anciens programmes de partenariats sur l’enseignement supérieur, qui mettaient plutôt l’accent sur des initiatives à petite échelle avec un impact limité sur les systèmes. Il a pour but de catalyser l’innovation afin de rendre les systèmes d’enseignement supérieur plus efficaces, plus pertinents, plus accessibles et plus abordables dans les pays prioritaires du DFID. Toutefois, sachant que cette innovation peut prendre de multiples formes, le programme a délibérément décidé de ne pas préciser ce qu’il recherche. Cette « innovation » pourrait notamment prendre la forme de nouveaux cursus, de formations pour le personnel, de modèles de prestation publics et privés, d’une coopération transnationale, de mécanismes de financement, d’un développement de la recherche, d’infrastructures, d’une gouvernance ou de multiples autres choses !

Le premier appel à propositions relatif à des partenariats SPHEIR a été lancé le 24 mai et présenté lors de la conférence eLearning Africa qui a eu lieu au Caire le mois dernier. Cet appel concerne deux projets de « démonstration » qui doivent tous deux utiliser des technologies d’aide à l’apprentissage pour assurer l’enseignement supérieur et mettre l’accent sur l’« employabilité » et les besoins du marché du travail pour leurs publics cibles respectifs.

  • Un des projets organisera des prestations d’enseignement supérieur pour les populations déplacées par la crise syrienne et actuellement installées dans des pays voisins.
  • L’autre projet dispensera des cursus d’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne, dans un ou plusieurs des pays prioritaires du DFID.

SPHEIR s’est engagé à soutenir les idées capables de mener à une transformation à grande échelle. Les partenariats de SPHEIR seront financés à hauteur de 5 millions de livres maximum sur une durée de trois à cinq ans et devront produire des résultats durables au-delà de la période de financement.

Les partenariats SPHEIR ont notamment pour caractéristique de rassembler des collaborateurs du Nord, du Sud et de pays à revenu moyen œuvrant dans des secteurs variés.

  • universités publiques et privées ;
  • entreprises du secteur privé en tant que fournisseurs, investisseurs ou employeurs ;
  • organisations nationales ou internationales de la société civile ;
  • associations ou autorités nationales, transnationales ou régionales responsables de l’enseignement supérieur.

Il est clair que la technologie a permis des changements majeurs dans la manière dont l’enseignement supérieur peut être dispensé et qu’elle doit donc être présente dans une majorité des projets SPHEIR. Dans le contexte des pays à faible revenu, les questions suivantes risquent toutefois de se poser :

  • Comment développer les infrastructures informatiques de manière rentable afin d’élargir l’accès aux groupes sous-représentés ?
  • Quelles incitations sont offertes au secteur privé pour l’inciter à s’impliquer dans l’enseignement supérieur ?
  • Comment des contenus initialement créés pour des MOOC peuvent-ils être utilisés dans le cadre de programmes accrédités au niveau local ?
  • Comment des programmes qui s’efforcent de répondre aux besoins du marché du travail peuvent-ils être adaptés au contexte local ?
  • Comment les technologies d’aide à l’apprentissage peuvent-elles être complétées par d’autres contenus et par des prestations sur le terrain ?
  • Comment réussir à former suffisamment d’enseignants pour créer des capacités d’enseignement durables pour l’avenir ?
  • Quels changements doivent être apportés aux politiques gouvernementales pour que tout ceci soit possible ?

Toutes ces questions sont des questions complexes auxquelles SPHEIR tentera de trouver des solutions innovantes. Plusieurs sessions de la conférence eLearning Africa ont montré que plusieurs organisations privées et publiques africaines et mondiales sont déjà en train de rechercher de telles solutions. Et comme l’ont noté de nombreux participants à la conférence, les technologies d’aide à l’apprentissage sont très utiles pour dispenser l’enseignement supérieur dans toutes sortes de situations, ce qui explique que SPHEIR souhaite les utiliser à la fois dans un contexte de « réfugiés » (crise syrienne) et dans le cadre d’un système d’enseignement supérieur plus stable en Afrique subsaharienne.

Demande de financement SPHEIR

Toutes les informations relatives à l’appel à propositions figurent sur le site Internet de SPHEIR. La date limite de soumission a été fixée au 20 juillet 2016. Tous les individus et organisations peuvent s’inscrire à la liste de diffusion de SPHEIR pour recevoir toute l’actualité du programme par e-mail.

Le programme SPHEIR est géré par un consortium dirigé par le British Council en association avec l’Unité internationale du Royaume-Uni pour l’enseignement supérieur et PwC. Pour toute question sur le programme, il est possible d’envoyer un e-mail à l’adresse : info@spheir.org.uk.

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