Sur le terrain

Comment l’eLearning a sauvé une université en crise

fees2Mettre l’eLearning à la disposition de tous n’a pas pour seul but d’améliorer les performances d’une classe ; dans certains cas, cela peut également faire la différence entre la fermeture d’un établissement ou son maintien.

En octobre 2015, des révoltes d’étudiants, organisées autour du hashtag #feesmustfall (les frais doivent baisser), a interrompu le déroulement des cours dans plusieurs universités d’Afrique du Sud. Les protestations faisaient suite à une hausse de 10,5 % des frais d’inscription à l’université de Witwatersrand.

Les manifestations, qui se sont rapidement étendues à d’autres campus du pays, ont coûté aux universités quelques 150 millions de rands pour réparer les biens publics endommagés et payer des forces de sécurité. La semaine dernière encore, plusieurs universités ont suspendu les inscriptions après des perturbations menées par certains étudiants qui réclamaient l’inscription gratuite pour tous.

Mais l’université de technologie de la péninsule du Cap en Afrique du Sud a refusé de laisser les mouvements de protestation des étudiants perturber les cours. Elle a donc déployé des outils d’eLearning pour que l’université continue à fonctionner malgré les manifestations.

Johannes Cronje, enseignant et doyen de la faculté d’informatique et de design, avait déjà commencé à développer l’utilisation de l’eLearning sous différentes formes « allant de l’interaction formelle de type LMS à une interaction plus informelle via Facebook » ainsi qu’en utilisant des technologies comme Skype, LinkedIn et SharePoint, mais les manifestations ont servi de déclencheur à un élargissement beaucoup plus important de ce type d’enseignement.

Dans l’impossibilité de communiquer physiquement avec les enseignants pendant les manifestations, les étudiants se sont mis à utiliser Facebook et WhatsApp. Les examens en salle ont été remplacés par des examens en ligne à faire à la maison et les étudiants ont été autorisés à soumettre leurs travaux par voie électronique, accompagnés d’une explication audio, afin de faciliter les évaluations en ligne.

« Paradoxalement, cette interruption des étudiants a réveillé l’intérêt du personnel de l’université pour l’enseignement mixte, dans une volonté de créer un environnement d’apprentissage indépendant de tout critère d’espace et de temps et donc impossible à interrompre », explique M. Cronje.

L’université a obtenu un « taux de participation de 90 % » à des examens qui avaient, dans un premier temps, été menacés d’annulation. Une classe particulièrement inventive a même décidé, pour remplacer le défilé de mode prévu sur le campus, de le filmer puis de le télécharger sur YouTube.

Cronje estime que n’importe quel établissement peut prospérer en période de crise ou de perturbations, à condition de conserver « un état d’esprit créatif » et « d’être prêt à prendre des risques ».

En ce qui concerne la campagne #feesmustfall, il semble que les manifestants ont eu gain de cause : le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé qu’il n’y aurait pas de hausse des frais d’inscription en 2016.

Johannes Cronje viendra s’exprimer à la conférence eLearning Africa 2016, qui aura lieu au Caire en Égypte du 24 au 26 mai.

 

 

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